LES AMIS NATURALISTES DES COTEAUX D'AVRON

Association agréée d'étude et de protection de la nature

Une ruche tronc pour l’ANCA

Depuis peu, nous nous sommes dotés, grâce à notre équipe d’apiculteurs, d’une ruche tronc. Elle a rejoint les rangs de nos 8 ruches à cadre, qui reçoivent actuellement quelques soins d’hiver.
Mais concentrons-nous sur la nouvelle arrivante…

La ruche tronc : qu’est-ce que c’est ?

Petits éléments d’histoire

La ruche tronc est, comme son nom l’indique, une ruche creusée (par l’homme) dans une portion de tronc d’arbre. Elle dérive de l’observation et de l’imitation des ruches naturelles que les abeilles créent spontanément dans les cavités d’arbres.

Figure 1 : la première ruche tronc de l’association (Photo : P.Amiard  |  Fabrication : Christian Bosc)

Aux premiers temps de l’exploitation de cette ressource naturelle, les agriculteurs et autres utilisateurs détruisaient l’ensemble de la colonie d’abeilles et amputaient l’arbre hôte à chaque prélèvement de miel. Dans un souci de développement durable et de respect de la nature, la pratique évolua : on pensa à couper le tronc de part et d’autre de l’essaim, et le segment débité fut déplacé avec l’ensemble de la colonie.

Issue d’un savoir-faire ancestral, la ruche tronc est ainsi le premier modèle de ruche fabriquée recensé depuis les débuts de l’apiculture. Elle subsiste aujourd’hui encore à travers des pratiques isolées.

Détails techniques

Répondant à un objectif de naturalité, la ruche tronc reçoit peu voire pas de traitement : il est donc nécessaire que la ruche soit fabriquée à partir d’essences imputrescibles. Classiquement, c’est le bois de châtaignier (riche en tanins qui éloignent les parasites et pathogènes) qui est privilégié… Et permet la fabrication de ruches troncs pouvant durer jusqu’à quatre siècles sans aucun traitement.

Les ruches sont préférentiellement extraites de troncs d’arbres morts (plus faciles à scier) et mesurent une soixantaine de centimètres de haut. Le cœur du tronc, premier élément à pourrir, est creusé pour ne laisser qu’une paroi circulaire d’environ10 centimètres d’épaisseur, isolant la colonie du froid.Il est refermé par une planche du même bois sur laquelle est posée une dalle de schiste, la lauze. Une fois le tronc creux, deux chevilles en bois y sont insérées en formant une croix (cf figure 2). Elles maintiennent les pains de cire produits par la colonie. Trois trous sont aménagés au bas de la ruche pour permettre les allées et venues des abeilles vers l’extérieur.

Figure 2 : schéma d’une ruche tronc vue en coupe.

 

Ruche tronc vs ruche à cadre : quels intérêts / avantages de la ruche tronc ?

Les avantages de la ruche tronc sont d’ordres éthique et écologique. Cette pratique s’insère dans une démarche de développement durable :

  • Les traitements sont minimisés voire inexistants.

 

  • Les colonies sont plus vigoureuses et pérennes : elles se défendent mieux (notamment contre le varroa), contribuant à la minimisation des traitements.

 

  • Les ruches ont elles-mêmes une durée de vie extrêmement longue et sont transmises de génération en génération.

 

  • Seul le miel excédentaire (réserves non consommées en hiver) est récolté, à cheval entre mars et avril : la survie de la colonie n’est donc jamais remise en cause par un manque de ressources.

 

  • Les abeilles disposent de davantage de libertés dans la conception de leurs rayons: ceux-ci peuvent être construits dans tous les sens dans une ruche tronc (en long, en large, en zig-zag), alors qu’elle est contrainte par la présence de cires gaufrées étagées dans la ruche traditionnelle.

 

Les rendements obtenus à partir de ruches à cadre sont certes supérieurs à ceux obtenus à partir de ruches tronc. Mais nous sommes gagnants sur des plans qui importent bien davantage à l’association : sur la qualité de la production d’une part, mais surtout sur son caractère « éthique » et respectueux de la nature et des richesses qu’elle nous offre.

 

Pour des informations complémentaires, vous êtes invités à visionner la vidéo « L’arbre aux abeilles » dans laquelle nous suivons Paul Chapelle, paysan apiculteur cévenole de 85 ans qui nous mène à la découverte de ce savoir-faire ancestral :

 

Aymie Q., Christian B.

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