LES AMIS NATURALISTES DES COTEAUX D'AVRON

Association agréée d'étude et de protection de la nature

L’Espèce du mois : Le cloporte rosâtre

Lorsque l’on parle de cloporte, la première image à laquelle on pense est souvent bien loin de l’aspect du cloporte rosâtre (Androniscus dentiger).

Contrairement à la majorité des espèces de cloportes, qui arborent souvent des tons plutôt ternes pour se confondre dans leur environnement, le cloporte rosâtre comme sont nom l’indique possède une coloration beaucoup moins discrète, souvent rose, mais pouvant également varier dans des tons rouges et orangés voir totalement blanc pour certaines populations cavernicoles. Il est également traversé dans sa longueur par une ligne jaune s’élargissant en arrière pour prendre la forme d’une hâche, cette ligne correspond en fait à certains de ses organes internes apparaissants par transparence.

Cette espèce est une espèce endogée* et fréquente des habitats présentant une humidité élevée et constante, dans la nature il fréquentera donc des habitats tels que les grottes ou les anfractuosités de parois rocheuses humides. Il apprécie également un grand nombre d’habitats d’origines anthropiques tels que les caves ou les anciennes carrières, pourvu que ceux-ci soient très minéraux et qu’ils bénéficient d’une humidité constante, une baisse d’humidité de quelques heures à peine suffit à provoquer sa mort. Cette espèce ne se montre quasiment jamais à la lumière, et c’est sûrement ce qui explique son absence totale de camouflage. 

A cause de ses exigences élevées en termes d’humidité, l’espèce est peu commune et sa capacité de dispersion est limitée. Malgré cela, certaines activités humaines créent de nouveaux milieux propices à l’espèce, milieux qui sont probablement colonisés par le transport involontaire d’individus avec divers matériaux. 

L’espèce en Seine-Saint-Denis :

En Seine-Saint-Denis, l’espèce est majoritairement connue sur des sites d’anciennes carrières, où elle fréquente les anciens fronts de tailles ombragés, les fontis et les entrées de carrières humides. Elle est également connue de manière plus occasionnelle d’autres habitats tels qu’un  bord de ru, un boisement frais et humide et un jardin. 

Un cloporte religieux ?
Par endroit, le cloportes rosâtre colonise les parties ombragées de certains cimetières, dans ce contexte il  semblerait que celui-ci préfèrent coloniser les cimetières anglicans plutôt que les cimetières catholiques, cela est surement due à l’utilisation de mortiers différents. 

*Une espèce endogée est une espèce vivant sous terre, ou du moins à l’abri de la lumière. 

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