Les Coteaux d’Avron, le berceau de l’association

Le site des Coteaux d’Avron, à Neuilly-Plaisance (93) se trouve sur d’anciennes carrières souterraines de gypse que l’on extrayait pour la fabrication du plâtre, ce qui explique que cette colline ait échappé à l’urbanisation.

Carrière des coteaux d’Avron au temps jadis. Photo Hélène VIEILLARD-BERGEM 1957.

1978-1985 : Le comblement des anciennes carrières, le travail de l’ANCA

La création de l’ANCA a répondu à un réel besoin de sauvegarde des richesses écologiques des coteaux. En effet, le plan de comblement des carrières, à la fin de l’exploitation des champignonnières, risquait de faire disparaître le milieu naturel en surface. C’est donc dès 1978 que des naturalistes ont étudié la faune et la flore du site pour ensuite créer en 1985 l’association des Amis Naturalistes des Coteaux d’Avron (ANCA). La naissance de l’ANCA a permis de constituer un véritable groupe de pression et d’opposer des actions réglementaires pour sauvegarder les écosystèmes en danger. L’association a œuvré à la préservation des milieux naturels pendant les travaux de comblement du sous-sol par :
– des entretiens et des réunions avec administrations (Direction Départementale de l’Equipement, Direction de l’Eau et de l’Assainissement, Direction Régionale de l’Environnement) et les élus de la commune de Neuilly-Plaisance
– des surveillances quotidiennes des travaux afin de sauvegarder les espèces remarquables (balisage des mares et des plantes rares)
– l’utilisation de procédures légales avec le classement de deux zones en Arrêté Préfectoral de protection de Biotope.

1988-1989 : la prise par le préfet de deux Arrêtés Protection de Biotope

Mesure légale prise par le préfet d’un département, un Arrêté de Protection de Biotope protège des milieux naturels (mares, marécages, marais, haies, bosquets, landes, dunes, pelouses..) où vivent des espèces protégées par la loi. En juillet 1988 et en janvier 1989, à la demande de l’ANCA, le préfet du département a pris deux Arrêtés Préfectoraux de conservation de Biotope pour protéger deux sites : le Biotope des Mares et le Biotope des Alisiers.

Les biotopes protégés par arrêté préfectoral

Le Biotope des Mares, sur 2,1 hectares, est une zone d’ancienne carrière qui a été comblée.
Des surfaces de prairie marneuse subsistent entre les remblais. On y trouve 4 mares naturelles dont 3 sur fontis. Le réseau de mares a été complété par la création de 3 mares sur bâches. Ce réseau de mares est fonctionnel et permet le maintien, voire l’expansion, des amphibiens du site.

Cinq espèces d’amphibiens s’y reproduisent :  le Crapaud commun (Bufo bufo), l’Alyte accoucheur (Alytes obstetricans), le Triton palmé (Lissotrion helveticus), le Triton ponctué (L. vulgaris) et le Triton crêté (Triturus cristatus). Tous sont fragiles et protégés par la Loi.  Leur capture est interdite.

Reproduction du Crapaud commun dans la Mare aux Prêles © M. Hagimont

Le Biotope des Alisiers , d’une superficie de 3,7 hectares, s’étend sur un coteau exposé au sud/sud-est. Ce sont d’anciennes terres agricoles marneuses et calcaires. La protection concerne les prairies marneuses où pousse l’Alisier de Fontainebleau (Karpatiosorbus latifola), une espèce protégée à l’échelon national par l’arrêté du 20 janvier 1982.

Prairies à Alisiers de Fontainebleau, au biotope des Alisiers © T. Channellière

L’exposition du site permet le développement d’une flore prairiale thermophile avec un important cortège de pollinisateurs associés. 

Afin de compléter le cortège des plantes compagnes des cultures qui était présent sur le site lors de la prise de l’arrêté, la Préfecture a autorisé en 1991 la plantation d’un vignoble conservatoire des plantes adventices de la vigne. Un partenariat avec le Conservatoire National Botanique de Bailleul a permis d’accueillir à des fins conservatoires ces plantes devenues rares, dans un habitat qui leur convient, comme, par exemple, la Tulipe sylvestre et le Muscari à Toupet.

Au sein du parc des Coteaux d’Avron, un verger a été planté il y a une trentaine d’années. Il est établi en partie sur des prairies marneuses et constitue un milieu ouvert intéressant niché dans les boisements rudéraux du parc. C’est également un lieu d’échanges entre le public et l’association qui peut y proposer des activités de sensibilisation à la nature.

Le verger du parc des Coteaux d’Avron au printemps © S. vdBrink

Le parc des Coteaux d’Avron, à Neuilly-Plaisance, et le parc du Plateau d’Avron à Rosny-sous-Bois, qui le prolonge, forment ensemble une entité du site Natura 2000 de Seine-Saint-Denis, directive Oiseaux, depuis 2006. Les oiseaux qui ont justifié leur classement Natura 2000 sont la Bondrée apivore (Pernis apivorus) et la Pie-Grièche écorcheur (Lanius collurio), oiseaux de milieux ouverts.

Bondrée apivore survolant les Coteaux d’Avron © V. Limagne

Enfin, le parc des Coteaux d’Avron à Neuilly-Plaisance et le parc Nature du Plateau d’Avron à Rosny-sous-Bois constituent, pour une superficie de 69 ha, une belle trame verte, la zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) de type 1 n° 110001754 Plateau et Coteaux d’Avron depuis 2009. En 2025, l’ANCA réalise des inventaires pour mettre à jour cette ZNIEFF.

Zonages d’inventaires et espaces protégés

Ainsi, et même si son domaine d’intervention s’est largement étendu, l’association demeure attachée à ce nom, les Amis Naturalistes des Coteaux d’Avron, en référence à un lieu qui lui est cher, et en hommage aux réussites de ses prédécesseurs !

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